5ème lettre de nouvelles du missionnaire Jonathan Wauthier

Rédigée le 6 juillet 2016

Chers frères et sœurs ;

De retour au Tchad, sur N’Djamena ;

Je suis bien arrivé au Tchad après le séjour que j’ai passé en France, c’est avec joie que j’ai retrouvé les frères et sœurs du Tchad ainsi que les enfants avec qui nous travaillons.

J’ai passé une dizaine de jours sur N’djamena assez bien remplis en visite, évangélisation puis activité auprès des enfants de la rue.

J’ai donc repris les activités habituelles, la relation entre les bénévoles et l’équipe se passe bien par la grâce du Seigneur.

Lucile (une missionnaire de notre équipe) c’est occupé  de Josué, un ancien enfant de la rue qu’ils ont retrouvée accidentés, ils l’ont placé au centre du Pasteur Moïse que j’ai pu également revisiter à mon arrivée.

Lucile le visite actuellement chaque semaine pour un suivi plus personnalisé car les enfants du centre sont nombreux, et ils y manquent des personnes engagées pour suivre chaque enfant en profondeur, même si certains enfants font de très grand progrès dans leurs vies, ils ont besoin d’un accompagnement plus personnel pour atteindre une certaine autonomie et résister aux tentations de retourner vivre dans la rue, leurs besoins le plus profond reste d’accepter Jésus-Christ comme leurs Seigneur et Sauveur.

Nous recherchons aussi sur N’djamena des familles d’accueil chrétiennes qui pourraient recevoir ces enfants et les aimer comme leurs propres enfants, ce qui reste un très grand défi au Tchad, car ces enfants sont rejetés par la majorité de la population, mais le Seigneur peut changer les cœurs des gens, ce qu’il a déjà commencé à faire dans les cœurs des chrétiens avec qui nous collaborons.

Nous avons eu le samedi 21 mai, dans le quartier où j’habite une réunion d’évangélisation et de témoignage qui c’est très bien passé, le Seigneur s’est révélé à plusieurs personnes qui étaient présents, principalement ceux du quartier.

De retour à Bitkine le vendredi 27 mai ;

Pour mieux continuer mon apprentissage de la langue arabe, je suis revenu dans la ville de Bitkine dans laquelle j’avais effectué un séjour de 5 semaines pendant le mois de novembre l’année dernière.

De nombreuses tribus arabophones vivent dans cette ville et dans les villages aux alentours, la langue arabe est celle qui y est majoritairement parlée, y compris par les chrétiens.                                               C’est une famille Tchadienne qui m’a accueilli sur Bitkine, je vis avec eux sur une colline à côté de la ville.

Le Seigneur m’a permis ainsi d’avoir plus de temps pour l’apprentissage de la langue, ce qui me sera nécessaire pour développer des relations avec les enfants de la rue, car certains ne parlent pas le français, et le message de l’évangile passe toujours mieux, dans la langue locale.

Lors de mes visites au quartier, j’ai rencontré des enfants de l’école coranique avec qui j’ai entretenu des relations d’amitiés, certains parmi eux étaient très malades, j’en ai donc emmené à l’hôpital pour qu’ils puissent recevoir des soins, j’ai été ensuite avec un frère contacté leur enseignant de l’école coranique pour lui expliquer mes entretiens avec ces enfants en lui expliquant qu’ils pouvaient venir me rendre visite quand ils le souhaitaient, à notre grande surprise l’enseignant à accepter qu’ils viennent me rendre visite, je ne sais pas si c’est le fait que nous avons soigné ces enfants, ou si c’est Dieu qui a disposé son cœur, mais cela a permis à ces enfants de venir à la maison presque chaque jour écouter l’évangile et surtout l’amour du vrai Dieu, car le dieu qu’ils apprennent dans la religion et dans leur tradition est un dieu inaccessible qui ne les aime pas, certains de ces enfants viennent manger avec nous, comme s’ils font partie de la famille.

La situation des enfants des écoles coraniques est semblables à celle des enfants de la rue sur bien des points, leurs vies sont aussi difficiles, ils souffrent de la faim, de la soif, de la maladie, certains dorment même sur la terre sans natte ou tapi, ce qui leur donne de nombreuses maladies de peaux, leurs vêtements sont déchirés et rongés par les mites, ces conditions sont les mêmes dans presque toutes les écoles coraniques, car pour les enseignants de ces écoles, que nous appelons aussi marabout, c’est une étape indispensable dans la vie pour devenir un homme et un bon musulman, leurs parents parcourent souvent de longues distances avant de les laisser pour plusieurs années dans ces écoles, leurs parents n’étant plus là, le marabout les utilise à sa guise, dans ces conditions l’enfant souffre et s’endurcit, ils sont parfois réduit à travailler  pour lui comme esclave et sévèrement battu lors des cours de récitation du Coran s’ils font des fautes de prononciation, ce qui est une évidence c’est qu’à défaut de faire de ces enfants des hommes, cela endurcit leurs cœurs puis les rend insensible et terriblement violent une fois devenu adulte, surtout à l’égard des femmes et des enfants.

La plus grande souffrance dans la vie de ces enfants est le manque d’amour, un enfant du nom de Yakhub qui vient souvent à la maison à dessiner sur une feuille de papier, la lune, les étoiles, sa maison, ainsi que sa maman et un enfant qui joue à côté d’elle, cet enfant le représente surement, il souffre de ne plus être avec ses parents car il n’a que 7 ans. Je lui ai parlé de Jésus-Christ, le Seigneur travaille son cœur, car il est également venu une fois à l’école du dimanche avec un de ses amis, il c’était même levé pour que l’on prie pour lui à la fin du culte.

Le défi est de trouver des chrétiens dans la région qui ont à cœur de s’occuper de ces enfants et de continuer la relation que j’ai commencée avec eux, c’est ce que je cherche actuellement car c’est une responsabilité de chaque chrétien.      

Quelques sujets de prières ;

Je vais bientôt rentrer sur N’djamena, d’ici 2 semaines, merci de prier pour mon voyage et que je puisse utiliser ces 2 semaines qu’ils me restent à Bitkine à bon escient selon le plan de Dieu.

Prions pour l’église de Bitkine, c’est une église qui rencontre beaucoup de difficultés, cette région est une première  du Tchad à avoir été évangélisé, l’évangile a transformé la vie de nombreuses personnes lors des premières missions qui sont arrivées, mais les enfants n’ayant pas fait l’expérience de leurs grands-parents, et la transmission de la parole de Dieu ayant été probablement négligé, il y a aujourd’hui malheureusement un naufrage quant à la foi chrétienne dans cette région, beaucoup de jeunes des églises ne s’engagent plus pour le Seigneur, et se détournent de Dieu pour aller vivre dans le monde ainsi que dans le péché. Dans une ville où l’Islam domine, cette situation est très lourde spirituellement, nous avons besoin de chrétiens qui consacrent leur vie à Dieu pour le salut de leurs semblables. Prions que le Seigneur envoie ces ouvriers, et apporte un renouveau parmi son peuple qui a perdu son premier amour.

Prions pour l’école du dimanche et les clubs d’enfants qui sont organisés en semaine. Prions pour Malkadium, un enfant qui a donné sa vie à Jésus-Christ à l’école du dimanche. Prions pour Mahamat et Adim, 2 enfants musulmans qui ont donné leur vie à Jésus-Christ lors du club d’enfant, qu’ils puissent bien grandir avec le Seigneur et persévérer avec lui, que la semence qui a été plantée dans leurs cœurs reste en eux et porte du fruit malgré leurs familles musulmanes.

Prions pour les enfants des écoles coraniques, en particulier pour Yakhub, Mohamed, Ali, Moussa et Abdoulaye que j’ai emmené à l’hôpital plusieurs fois, ils ont écouté l’évangile, puis mangés plusieurs fois à la maison, que le Seigneur les protège et touche leurs cœurs, afin qu’ils deviennent ses témoins et partagent sa lumière à leur entourage qui vit encore dans l’obscurité.

Voici  les quelques sujets de prières que je partage avec vous, je reste à votre disposition pour toutes questions, ou suggestions de votre part, votre soutien et vos encouragements sont vraiment importants pour l’avancement de l’œuvre de Dieu ici au Tchad.

Que l’Eternel vous bénisse et vous fortifie par son Esprit saint pour partager sa bonne nouvelle en France et ailleurs dans le monde ou il y a des besoins.

Votre frère Jonathan

 

 

Jonathan