4ème lettre de nouvelles du missionnaire Jonathan Wauthier

Lettre de nouvelle rédigée le 06 avril 2016

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Chers frères et sœurs,

Le travail continue sur N’Djamena,

Je suis toujours actuellement dans la ville de N’Djamena pour y poursuivre le travail parmi les enfants de la rue, ainsi que les sorties d’évangélisation parmi la population. Nous avons dernièrement vécu des choses difficiles mais aussi de grands encouragements.

Un enfant qui était venu au centre du Pasteur Moïse s’est fait assassiner le mardi 22 mars, le pasteur est allé rendre les condoléances à la famille le vendredi matin pendant que je suis resté au centre partager une exhortation aux enfants, il leur a présenté l’espoir qui ne se trouve qu’en Jésus-Christ.                                            

Les encouragements sont les enfants qui ont décidé de s’engager pour Jésus-Christ ces dernières semaines, 6 enfants se sont fait baptiser au fleuve qui se trouve près de la ville le dimanche 20 mars, cela nous a beaucoup réjoui le cœur de voir ces enfants avoir pris cet engagement, la plupart des enfants du centre vont à l’école, certains travaillent déjà, plusieurs de ces enfants ont de très bons résultats scolaires, ils  ont été délivrés de la drogue et de toutes les influences mauvaise qui détruisaient leur vie dans la rue.

La misère des enfants de la rue est grande, beaucoup pensent qu’il suffit de leur donner une aisance matérielle pour les voir s’épanouir, mais ils en ont fait un besoin plus profond que ce monde avec toute sa sagesse ignore et ne peut pas connaitre, ce besoin c’est Jésus-Christ, ils ont vraiment besoin de lui dans leur vie.                                                              

Des agitations dans la ville,

Les élections présidentielles au Tchad sont très proches, elles vont avoir lieu le dimanche 10 avril. Il y a actuellement des grèves et plusieurs manifestations contre le régime politique actuel, nous voyons que la population est agitée, beaucoup de gens sont dans le désespoir et n’ont pas de perspective pour leur avenir, nous ressentons ce désespoir quand nous sortons évangéliser et visitons les familles en ville. Nous rencontrons dans ces familles, des enfants qui sont maltraités et qui vivent constamment dans la violence, nous n’avons pas beaucoup de moyens pour répondre à cet océan de détresse mais nous croyons fermement que se battre contre les injustices et la pauvreté représente un combat spirituel et non une lutte d’ordre physique ou social, comme le monde voudrait bien nous le faire croire. Le seul moyen qui permettra de vaincre efficacement la maladie, la faim, l’injustice et la pauvreté en Afrique, c’est l’Evangile de Jésus-Christ. Nous voyons à travers les enfants dans la détresse l’évidence de l’emprise de Satan sur ce monde, car sa puissance déployée dans l’invisible s’efforce depuis des millénaires à détruire l’humanité, nous ne pouvons pas combattre cet ennemi avec des moyens ou des solutions humaines, ce qui reviendrait à essayer de  se battre contre un char d’assaut blindé avec des pierres. Je crois que l’évangile est la seule solution qui pourra apporter la justice, la paix, l’amour et la joie dans le cœur de nos semblables, ainsi que de tous ces enfants en détresse.

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Quelques nouvelles,

Lucile, une missionnaire qui était dans la ville d’Abéché est arrivée à N’djamena pour s’investir pleinement dans le travail parmi les enfants de la rue, Christelle est aussi arrivée de Abéché pour aider Raphaël dans la comptabilité du projet, Lucile a pu commencer une activité pour les filles de la rue avec Claudia le vendredi au grand marché, c’est le plus grand marché de la ville qui contient une forte population musulmane, les filles sont vulnérables et exposées à de grands dangers dans la rue, celles que j’ai rencontré ont une très forte dépendance à la colle, ce qui détruit leur cerveau rapidement. J’en ai rencontré une avec un bébé qui est suivi par Claudia, elle semble vouloir rester dans la rue car elle a une histoire pleine de souffrance, elle pense pouvoir échapper à ses douleurs par la prise de drogue, ce qui est encore plus difficile c’est la situation de son bébé qui subit aussi la vie dans la rue avec sa mère.

Nous avons commencé une permanence dans une église chaque jeudi matin, les enfants peuvent venir se laver, nettoyer leurs vêtements ou se reposer, nous essayons de profiter de ce temps pour avoir des entretiens plus profonds avec chaque enfant car ils viennent en nombre réduit, nous pouvons donc apprendre à les connaitre davantage et tisser des liens de confiance avec eux. Ces relations de proximité et d’amitié avec les enfants pourront les emmener à vouloir raconter leurs vraies histoires et à vouloir se faire aider pour quitter la rue.

Nous avons aussi démarré une activité d’alphabétisation pour les enfants dans cette même église chaque lundi matin, nous leur partageons une histoire biblique et prions avec eux avant de commencer l’activité. Nous continuons l’alphabétisation pour les enfants chaque mercredi dans un autre quartier, mais nous avons arrêté pour le moment l’activité de football le samedi matin car nous n’avons pas assez de bénévoles pour cette activité.

Il y a de nouveaux bénévoles de différentes églises qui souhaiteraient s’investir dans le projet, nous remercions Dieu pour cela, car nous souhaitons que ce projet devienne un projet de l’Eglise et des églises locales au Tchad. Il y aura les missionnaires Jean et Laure de Belgique qui vont venir nous rejoindre dans le travail le jeudi 14 avril, d’autres stagiaires de l’Allemagne sont encore prévus dans le courant de cette année pour le projet des enfants.

Les sorties d’évangélisations se font chaque samedi, et nous tenons des visites de suivie régulières à ces familles presque chaque jour dans la semaine pour leur édification. Je vais dans les familles pour partager les histoires bibliques aux enfants, un frère ou une sœur tchadienne m’accompagne souvent pour traduire les histoires dans leurs dialectes, ou directement partager la parole aux enfants, les enfants dans les familles sont souvent négligé, et la parole de Dieu ne leur est donc pas enseignée, y compris dans les familles chrétiennes, ce qui fait que beaucoup dérivent dans le monde une fois devenus grands. L’évangélisation et la formation de disciples doivent être une priorité si nous souhaitons voir un réel changement dans cette nation.

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Quelques sujets de prières :

Prions pour le Pasteur Moïse et son centre pour les enfants de la rue, pour les 6 enfants qui se sont fait récemment baptiser, que le Seigneur les soutienne et les fortifie dans leur engagement.

Prions pour la famille d’Innocent, l’enfant qui a été assassiné, que le Seigneur réconforte la famille et se révèle à eux.

Prions pour les enfants de la rue, en particulier les filles de la rue, qui sont encore plus vulnérable que les garçons, prions pour Kakuni, cette fille de la rue qui a un bébé, son bébé s’appelle Angeline, que Dieu les protège et les garde précieusement entre ses mains.

Prions pour tous ceux qui sont engagé pour les enfants de la rue, les bénévoles et les missionnaires, ceux qui sont déjà sur place, et ceux qui vont nous rejoindre.

Prions pour les familles et les enfants qui ont récemment entendu l’évangile, afin qu’ils s’engagent pour Jésus-Christ et deviennent de vrais disciples, que Dieu par son Esprit restaure les relations brisées et le manque d’amour dans les foyers.

Prions pour les évangélistes et les missionnaires autochtones qui servent le Seigneur dans des conditions très difficiles, car ils manquent de soutien et souvent du nécessaire pour vivre, que le Seigneur pourvoit à leurs besoins, et nous donne la compassion de partager avec eux les ressources qu’il met à notre disposition, afin que sa volonté s’accomplisse.

Je vous remercie chaleureusement pour votre attention et votre cœur porté sur notre travail, merci pour votre soutien et pour tout ce que vous faîtes pour nous aider ici au Tchad.

Que le Seigneur vous bénisse et vous comble de tous ses bienfaits.

Votre frère en Christ Jonathan

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Jonathan